La coalition nationale est coordonnée par ENDA Santé. La coalition est active dans les 14 régions du Sénégal et a rapidement mobilisé un soutien politique pour l’agenda national de santé numérique du pays. Son travail a contribué à mobiliser le soutien parlementaire en faveur d’un projet de loi sur la santé numérique actuellement en cours d’adoption, et elle a appuyé des consultations nationales pour élaborer une feuille de route d’investissement en santé numérique.
Soutenir l’élaboration et l’adoption d’une loi sur la santé numérique par l’Assemblée législative, qui renforce la coordination et la gestion de la transformation numérique du système de santé au Sénégal.
Collaborer avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale et l’appuyer dans l’adoption d’un cadre de priorisation des investissements en santé numérique à travers le Sénégal.
Soutenir le gouvernement du Sénégal pour qu’il approuve publiquement les Principes de gouvernance des données de santé, évalue l’alignement de la loi sur la santé numérique avec la loi type et appelle à l’adoption d’un cadre de gouvernance des données de santé par le biais d’une résolution à l’Assemblée mondiale de la Santé.
Construire une coalition nationale solide, influente et durable, devenant une plateforme multipartite établie et influente sur les questions liées à l’environnement favorable à la transformation numérique de la santé au Sénégal.
Les deux dernières décennies ont été marquées par une amélioration de la situation sanitaire globale du Sénégal, la plupart des indicateurs de santé évoluant positivement grâce au développement socio-économique général et aux efforts spécifiques visant à améliorer la santé publique.
Cependant, le Sénégal présente un faible niveau de couverture de la protection sociale.
Le système de sécurité sociale du pays n’a pas la capacité de réagir rapidement, encore moins d’augmenter l’ampleur et la portée des réponses aux crises. Les systèmes formels d’assurance maladie ne couvrent que 20 % de la population, excluant la plupart des Sénégalais employés dans les secteurs rural et informel. Cette situation a conduit le gouvernement à introduire le programme de Couverture Santé Universelle (CSU) en 2012 pour améliorer l’accès de la population à des services de santé de qualité. Malgré cela, l’accès à un spécialiste reste problématique en dehors de Dakar, car 68 % des spécialistes sont concentrés dans la capitale.
L’objectif de la Stratégie de santé numérique est d’améliorer les résultats sanitaires des populations sénégalaises grâce à l’utilisation de solutions de santé numérique, et de faire progresser la CSU en veillant à ce que les parties prenantes puissent prendre des décisions de santé publique fondées sur des informations de haute qualité et sécurisées. La Cellule Carte Sanitaire et Sociale, Santé Numérique et Observatoire de la Santé (CSSDOS), créée en 2017, a été chargée d’élaborer, de suivre et d’évaluer la Stratégie de santé numérique, d’organiser la santé numérique et de développer des projets de santé numérique. Elle a servi de point d’entrée et de contact pour le ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS) sur les questions d’innovation et de numérique. À la suite de réformes importantes dans le pays et de la nécessité de renforcer la santé numérique, le gouvernement a créé et lancé un Conseil national du numérique avec pour mandat de piloter la transformation numérique de la santé.
Le ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS) a accordé une attention particulière aux besoins critiques de connectivité du système de santé, dans l’élaboration de la stratégie numérique du gouvernement sénégalais. Cette attention découle de la compréhension que la productivité et l’accès aux services de santé en ligne dépendent fortement de la disponibilité d’une bande passante adéquate. Le Sénégal est le pays africain où Internet contribue le plus au PIB (i-PIB estimé à 3,3 %, contre 3,8 % pour les États-Unis – MGI 2013), grâce à sa forte connectivité internationale et à son réseau de transmission national. Les infrastructures de télécommunications figurent parmi les plus développées et les plus performantes d’Afrique de l’Ouest, grâce à d’importants investissements dans la capacité et la modernisation. Le Sénégal a lancé un certain nombre d’initiatives de télémédecine, mais la diffusion à grande échelle de ces expériences est limitée par le manque de ressources humaines et matérielles, ainsi que par un manque de formation appropriée.
L’écosystème de la santé numérique se caractérise par une multiplicité de solutions sans liens ni interopérabilité entre les plateformes. Les hôpitaux disposent de leurs propres systèmes d’information et utilisent donc des applications et des plateformes aussi diverses que variées.
Pour numériser pleinement le système de santé, il est essentiel que la CSSDOS joue son rôle d’administrateur de tous les systèmes et plateformes numériques de santé.
La CSSDOS n’est pas consultée par toutes les divisions du MSAS dans leurs initiatives et n’a ni autorité ni responsabilités sur les plateformes de santé. Par exemple, elle ignore le contenu des contrats entre les organisations de santé publiques et les fournisseurs, la technologie utilisée ou la logique de codage. En conséquence, ses rôles de garant de la cohérence, de référence et de coordination ne sont pas toujours remplis, alors que les besoins d’interopérabilité exigent une gestion et une conception centralisées.
De plus, avec son statut actuel d’entité administrative rattachée au gouvernement sénégalais, la CSSDOS n’a pas la prérogative de facturer les services de santé numérique (ouverture du dossier patient électronique, hébergement de données, paiements électroniques, pérennisation des API de santé).
Face aux défis actuels de gestion technique des systèmes de santé numérique (interopérabilité, définition des architectures) et de la fonction de service (facturation des services de santé numérique), la gouvernance de la santé numérique doit évoluer dans les ministères de la santé du monde entier.